Martin Louiset

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Je pratique l'école du dehors depuis Je pratique l'école du dehors depuis 6 ans.
C'est quoi et pourquoi pratiquer l'école du dehors ? Pour moi, c'est un lieu de rencontre et d'échange avec les enfants. C'est la découverte de la nature et de l'autonomie. C'est un lieu de sociabilisation important que l'école ne sait pas réaliser avec la même authenticité. De plus, c'est aussi un lieu d'apprentissage important pour du "vrai".
Que souhaitez-vous pour les enfants ? Activer une cohésion de groupe, l' acquisition de savoirs et savoir-faire pour du "vrai" permettre à l'enfant de s'échapper du contexte scolaire et de rendre l'enfant plus acteur de sa formation.
Quel a été le déclencheur ? L'intérêt pour la nature, l'environnement mais aussi l'observation d'une saturation cognitive et émotionnelle par l'école.
Quel âge à votre public ?
  • 3-4 primaires
Que faites-vous dehors ? Cela a-t-il un lien avec les programmes et les matières ? Je réalise aussi bien des activités de cohésion du groupe, de sociabilisation que des activités en lien direct avec le programme (les longueurs, l'orientation, la course du soleil, la numération, le savoir écrire, l'art plastique, l'étude des végétaux, la lecture de clé de détermination...). Je réalise souvent plus d'apprentissages qu'en classe.
A quel moment privilégiez-vous d'aller dehors ? Toute l'année, une fois par mois minimum.
Où allez-vous et quel est votre endroit préféré ? Aux horizons nouveaux, je n'ai pas de lieu préféré. Il m'arrive de créer un nouveau campement juste pour le plaisir.
Quelle est votre plus grande fierté ? La construction de clés de détermination au service des enfants. De pouvoir m'assoeir avec eux et parler de tout et de rien. De juste profiter d'être avec eux et de lâcher prise face au monde qui nous entoure.
Un souvenir, une anecdote ? Des enfants qui placent un tronc sur un arbre en Y et qui créent une balançoire. De là, je suis parti sur les leviers avec eux alors que c'est une matière du cycle supérieur... Tout est possible.

La découverte de mes élèves différemment... J'ai découvert des enfants TDA/H ou avec des DYS qui s'ouvraient plus facilement ou des enfants très difficiles à gérer dans ma classe et que là, ils étaient apaisés, posés et osaient beaucoup plus d'échanges ou d'enrichissement mutuels...
Un conseil, un message ?
Oser... la plus grande barrière est notre peur de nous retrouver démuni face aux enfants, de ne pas connaître la réponse à une question. Nous ne sommes pas des "monsieur" ou "madame" sait tout. De là, il ne faut pas avoir peur de dire : "Je ne sais pas mais on va se renseigner". Il ne faut pas prévoir une journée comme dans sa classe. Il faut se laisser emmener par les enfants vers de nouveaux horizons, ne pas avoir peur d'improviser ou même de juste profiter du moment, de l'instant... Le plus gros problème dans notre société est de ne pas oser ne rien faire, alors que de ne rien faire, c'est déjà faire quelque chose car ça permet aux enfants et aux enseignants de se laisser un moment de création, d'imagination.
Quels sont les freins à la pratique ? La peur de ne pas savoir, la peur de ne pas gérer.

En tant que directeur, je pars avec mes enseignants et leur montre qu'il n'y a rien d'effrayant. Que les enfants se gèrent mieux qu'on ne le croit. Qu'un enfant DYS ou TDA/H se sentira enfin libre et sera un tout autre enfant.